samedi 17 octobre 2015





29 octobre 1899

Première sortie de La Femme



En ce jour du 29 octobre 1899  Franz  Enstein, Otto Rivers von Alset et  Eusebio Praxitelos, après avoir débattu longuement de la toilette qu’Ava devait porter, se décidèrent enfin de la sortir de la grande serre paradisiaque qu’ils lui avaient aménagée.
Ils étaient tous trois d’accord qu’il était plus que temps, car elle commençait à s’ennuyer, à tel point qu’elle s’était entichée d'un pantin, qu’elle appelait Sir.

Une lumière douce baignait l’avenue des Valides, et c’est par cette avenue qu’elle allait découvrir le monde, c’est  à  dire Paris. 
Encore peu assurée, car elle portait des chaussures pour la première fois, et qui pis est, sur les pavés, elle perdit l'équilibre en face du jeu de Paumes.En se relevant, elle s'esclaffa en accusant Sir Pantin de l’avoir distraite  et de l’avoir détournée du bon chemin.
Les trois amis observaient la charmante créature évoluer parmi les rues, s’émerveiller, s’extasier devant chaque détail, chaque arbre, véhicule, boutique, personne comme un enfant ébahi, et leurs cœurs, ou ce qui en faisait office, ne leur appartenaient plus. Ils battaient désormais au diapason des émotions de la belle.

A mesure qu’ils progressaient dans la cité, les parisiens, tout d’abord interloqués, puis rapidement séduits par ce nouvel  être se mirent à suivre Ava. Ils stoppaient quand elle stoppait, riait quand elle riait, tressautaient quand elle tressautait. Et c’était comme si tous restaient dans l’effluve de son parfum, liés invisiblement à son odeur, son humeur.
Au bout d’un moment, fatiguée, elle demanda à boire. Un garçon de café lui disposa immédiatement la chaise et la table où elle se trouvait, c'est à dire en plein milieu de la rue, pour lui servir  un thé. C’est en s’asseyant qu’elle s’aperçut de la forêt  immense d’yeux et de pédoncules qui l’observaient ravis. Un peu intimidée, mais charmée, elle leur fit des mines et la foule se mit à glousser et ronronner comme un dindon-chat un peu con. Franz, Otto et Eusebio décidèrent qu’il était alors temps de rentrer,  et ils durent tous les quatre traverser  l’assemblage hétéroclite qui fit comme une haie d’honneur disparate et respectueuse.
Quand ils arrivèrent à la serre,  L’avenue des Valides était noire de monde, et nos compères comprirent alors qu’ils avaient changé l'histoire

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